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Des manifestants chantent et dansent lors d'un rassemblement de l'opposition le 29 septembre 2018 à Kinshasa.
Des manifestants chantent et dansent lors d'un rassemblement de l'opposition le 29 septembre 2018 à Kinshasa. (JOHN WESSELS / AFP)

Samedi 13 octobre, Lubumbashi en République démocratique du Congo va accueillir un grand meeting de l’opposition congolaise. Le maire de la deuxième ville du pays a donné son feu vert pour cette réunion de sept leaders de l’opposition, ou leurs représentants, appartenant au mouvement baptisé Ensemble. Cette rencontre a lieu à deux mois des élections générales prévues le 23 décembre prochain. C’est un moment sans précédent dans le passé récent du pays.

La RDC, l’ancien Zaïre, est cet immense pays du centre de l’Afrique, grand comme quatre fois la France avec 80 millions d’habitants. Il s'agit de l’un des 10 pays les plus pauvres au monde, malgré ses immenses ressources minières. L’opposition attendait ce moment depuis deux ans, car le mandat officiel du président Joseph Kabila s’est achevé depuis 2016. Et depuis, il est quand même resté au pouvoir sans aucune légitimité.

L’opposition est sur ses gardes

Les opposants dénoncent en particulier les agissements de la Commission électorale qui veut installer des "machines à voter" au fonctionnement opaque et elle veut maintenir sur les listes plus de 10 millions d’électeurs dont l’identité n’a pas été vérifiée. La RDC n’a jamais connu de transition politique pacifique depuis son indépendance en 1960. De Lumumba à Kabila en passant par Mobutu, à chaque fois ce sont des coups d’État ou des assassinats qui ont mis fin au régime précédent.

Cette fois, Joseph Kabila a finalement accepté, après 18 ans au pouvoir, de ne pas se représenter. Pourtant, il continue de tirer les ficelles. Il a désigné son candidat pour lui succéder, son ancien ministre de l’intérieur Emmanuel Ramazani Shadary. Et en même temps Kabila est soupçonné de vouloir faire capoter le processus électoral pour conserver le pouvoir.La représsion des manifestations a fait plusieurs dizaines de morts l’hiver dernier. Surtout, il gère sa fortune. Sa famille possèderait plus de 80 entreprises qui exploitent les richesses minières du pays. Là encore, on comprend aisément pourquoi l’opposition se méfie.

La RDC est aussi confrontée à une énorme crise oubliée dans l’Est du pays, dans la région des Grands Lacs, à la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda. C’est ce que rappelle une formidable exposition photo au Prix Bayeux. Des images signées de deux photographes Colin Delfosse et Michele Sibiloni qui montrent ce gigantesque exode de population dans cette région où règnent les milices armées et où les pillages et les viols sont monnaie courante. Pas moins de 4 millions et demi de personnes ont fui les combats, 4 millions et demi. C’est autant que le conflit syrien. Et les deux-tiers sont des enfants.

Les deux photographes nous emmènent à la rencontre de ces exilés qui fuient vers l’Ouganda, pour s’y retrouver dans des abris de paille extrêmement sommaires.

C’est aussi dans cette région que travaille le récent prix Nobel de la paix Denis Mukwege. L’ONU affirme redouter là-bas une catastrophe humanitaire.

Source de l'article : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/apres-deux-ans-d-attente-l-election-presidentielle-va-enfin-se-tenir-en-republique-democratique-du-congo_2960113.html#xtor=RSS-3-[monde]
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