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Magali Miniac, Jeanne Bournaud et Lorant Deutsch dans
Magali Miniac, Jeanne Bournaud et Lorant Deutsch dans — Emilie DE LA HOSSERAYE / M6

Comme dans Fais pas ci, fais pas ça, on suit l’histoire de deux couples voisins. Comme dans FPCFPC, on est en banlieue parisienne bourgeoise. Comme dans FPCFPC, l’intrigue tourne autour de petites querelles conjugales. Et comme dans FPCFPC, Anne Giafferi est à la baguette. Mais cette fois, la cocréatrice de la saga qui a fait les beaux jours de France 2 n’a pas tout inventé. Qu’est-ce qu'on attend pour être heureux est adapté d’une série suédoise à succès, Solsidan.

« Je n’aurai pas eu le courage de recommencer une série à zéro, de recréer des personnages…, souffle Anne Giafferi. J’étais à l’aise avec cette série parce qu’il y a une mécanique qui est proche de celle de Fais pas, ci fais pas ça. Le même humour, la même bienveillance à l’égard des personnages… J’aime les procédés narratifs qui s’appuient sur de petits détails apparemment insignifiants de la vie quotidienne. »

Un psy peu recommandable

Et pour jouer ces moments insignifiants, Anne Giafferi a été ravie de trouver Lorànt Deutsch. Le comédien incarne Romain, psychologue qui revient s’installer avec sa femme, enceinte, dans la maison de son enfance. Il y retrouve sa mère gentiment envahissante, un voisin zinzin, un pote d’enfance un peu lourd, et un couple d’amis bourgeois. Parmi cette galerie de portraits peu flatteurs, le personnage de Loránt Deutsch est un sympathique gaillard un peu dépassé et manipulateur. « Manipulateur ? Non, tranche Loránt Deutsch. Il est excité, et angoissé alors il travestit un peu la réalité pour qu’elle colle à ses rêves. C’est un adepte de la méthode Coué. S’il dit que tout va bien, tout ira bien selon lui. »

Pour Anne Giafferi, son personnage ne semble pas, à première vue, être un excellent psychologue : « Il gère mal sa relation à sa mère, notamment… » Loránt Deutsch est assez d’accord : « Je ne pense pas que je le consulterais en cas de problème. De toute façon, comme ma belle-famille est versée dans la psychiatrie, je me ferais écharper si j’allais voir un psychologue plutôt qu’un psychiatre. » Mais ce n’est pas là le seul lien qui unit Loránt Deutsch à son personnage.

Un rôle sur mesure

« Toutes les situations de la série, je les vis au quotidien avec ma femme, s’enthousiasme Loránt Deutsch. J’ai le même rêve que le personnage, je voudrais retourner vivre à la campagne, chez moi, à Sablé-sur-Sarthe. Mais pour ma femme, ça tombe mal, elle a une super carrière de comédienne, et tout se passe à Paris. L’équation est impossible à résoudre. Pour me calmer, je fantasme la vie de Romain. »

Très attaché à son rôle, il n’imagine cependant pas, pour l’instant, le tenir pendant des années, comme il en court le risque en cas de succès populaire de la série. « C’est délicat comme question, je ne veux pas me projeter. C’est comme demander à de jeunes parents s’ils veulent une famille nombreuse alors qu’ils ne pensent qu’à une chose à ce moment-là, c’est faire leurs nuits. » Anne Giafferi préfère ne pas faire de plan sur la comète non plus, même si elle sait d’instinct que cette série a de la ressource : « Les enfants sont petits donc il y a du potentiel, de la matière pour faire une série qui dure sans lasser. Parce que quand les enfants grandissent les personnages rencontrent d’autres problématiques. »

Le roi des étiquettes

En attendant une éventuelle saison 2, Loránt Deutsch a été ravi de tourner dans les Yvelines : « Je trouve la vie à la campagne plus juste, plus authentique. J’ai passé trois semaines à la campagne avec mes filles en vacances. Ma femme avait peur que je m’emmerde mais pas du tout. On a fait plein de trucs, la cuisine par exemple ; c’est génial de cuisiner quand tu as le temps. Le temps de regarder le poulet rôtir, rendre du jus et faire caraméliser les pommes de terre. J’étais super heureux de faire ça avec mes filles, de leur montrer les vertus de la patience. Je sais que ça fait cliché mais je n’ai pas peur des clichés. »

Et il n’a pas peur non plus des étiquettes. « On m’a dit que jouer dans une série pouvait bloquer un acteur dans un registre mais moi je suis le roi des étiquettes qui changent. Quand je fais un truc on dit toujours que je le fais trop. "Pourquoi tu joues que des petits mecs de banlieue ? Pourquoi tu joues qu’au théâtre ? Pourquoi tu ne fais que des films en costume ? Hé l’intello, pourquoi tu as arrêté la comédie pour écrire des livres ?" Mais aujourd’hui, j’ai du recul sur tout ça. Je ne dis pas que c’est un truc français ou de la jalousie ou de l’incompréhension, ça doit être moi qui renvoie ça. Peut-être parce que j’ai un air exalté dès que je fais un truc. »

Et d’un même mouvement de bras, le comédien balaye les polémiques liées à ses livres d’histoire partisans notamment : « Je ne me fatigue plus avec les polémiques. Je vis mes passions. Je veux jouer des personnages le plus possible. Parce que le dernier costume, il n’a pas de poche. »
 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/2289335-20180613-attend-etre-heureux-m6-tente-refaire-fais-ci-fais-ca-lorant-deutsch-tete-gondole
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